SE NOURRIR DE L’ORDINAIRE

 

Définition du haïku

Petit poème bref d’origine japonaise, en seulement deux ou trois petites lignes, le haïku exprime l’émotion ou la beauté d’un instant.

Extrait du livre “Les grands maitres du Haïku” :

“Sa simplicité, son dépouillement, exprime la rondeur parfaite, miraculeuse ou drôle d’un instant, de petites satoris, de minuscules illuminations ou le poète coïncide totalement avec le mouvement de la vie : une pluie d’hiver, les cerisiers en fleurs, le chant du grillon ou… un escargot qui passe… Le haïku se fait le miroir de l’instant. Il ne démontre jamais. Il reste libre d’interprétations et de jugements. Il suggère. Il évoque. Il laisse place au vide et au silence. Il est comme ces peintures japonaises où des montagnes enveloppées de brume se laissent deviner avec quelques traits de pinceaux sans se montrer vraiment.” 

La règle de base exige qu’il se compose de trois vers de 17 syllabes réparties selon le rythme 5-7-5. Mais il existe de nombreuses exceptions à cette loi, ce qui prouve l’extrême liberté des auteurs de haïkus, leur refus des règles trop rigides. 

Je pratique moi-même régulièrement l’écriture du haïku sur deux lignes au sein du groupe Face Book japonais Haiku Column. Il s’agit d’une nouvelle forme, très moderne et plus facilement traduisible en japonais, qui suit une règle bien précise : le toriawase (je me devrai d’y consacrer un article très prochainement). Un haikiste (ou haijin) est un poète. Comme pour la peinture (principalement l’aquarelle), à partir du moment où il sait maitriser les règles, il est totalement libre de s’en échapper. 

Au Japon le haïku est bien vivant. Une soixantaine de revues lui sont consacrées, il y a des concours de haïkus et les journaux en publient régulièrement.

 

 

 

Pourquoi écrire des haïkus ?

Tout simplement parce que ça fait du bien !

L’écriture de haïkus nous pousse à être plus attentif au monde qui nous entoure et à ce qu’il suscite à l’intérieur de nous. Tout comme la méditation de pleine conscience, elle nous aide à nous recentrer et à vivre pleinement l’instant présent.

Comme l’écrit Thierry Cazals :

“Se frotter à la beauté abrupte et sans apprêt du haïku aide à affronter les épreuves de la vie, ces moments où la réalité semble se dérober sous nos pas… Le haïku est pour moi plus qu’un exercice d’écriture. C’est une façon de vivre en gardant toujours un regard étonné sur le monde.”

Garder un regard étonné sur le monde, voilà ce que signifie “vivre en poésie”. C’est voir le merveilleux dans l’ordinaire en gardant un oeil aiguisé sur tout ce qui nous entoure et la pleine conscience de tous les petits plaisirs de l’existence.

Anne Ducrocq a déclaré dans un magazine aimer offrir le livre de Pascale Senk “L’effet Haïku” (celui-là même qui m’a lancée dans cette aventure) en précisant très joliment : “Il fait tomber des papillons, des fleurs de cerisiers et des flocons de neige sur le coeur. Ce livre rend grâce à tous les détails délicats que l’on oublie de regarder.”

En voici un extrait : “Je ne me promène, ni ne regarde de la même façon ce qui m’entoure depuis que j’ai commencé à griffonner des poèmes brefs. Ceux-ci encouragent indéniablement notre capacité d’attention.”

Exemple d’un très beau moment malgré la pluie (photo prise de l’intérieur) :

Partager
  •  
  • 13
  •  
  •  
    13
    Partages
  •  
    13
    Partages
  • 13
  •  

11 réflexions au sujet de « SE NOURRIR DE L’ORDINAIRE »

  1. J’aime bien le parallèle entre le haïjin et le photographe 🙂 ; ils captent l’ instant pour, comme tu le dis, « ne rien perdre de la beauté du monde » 😀
    Je pense que le plus difficile c’ est d’ arriver à se rendre «disponible » pour percevoir les subtiles richesses de la vie….

    1. D’après moi, ce n’est pas une question de “disponibilité”, il s’agit simplement de vivre le moment présent en prenant éventuellement des notes sur ce qui peut nous émouvoir, nous émerveiller, nous attrister… Tu peux y revenir plus tard pour rédiger ou modifier ton poème si celui-ci ne te convient pas.

  2. Merci pour cet article passionnant qui “éveille” à la lecture des haïkus et “donne envie…”
    Savoir regarder et écouter la vie peut changer la vie…

Laisser un commentaire