Ohara Kozon
Bonjour à tous !
J’ai passé un moment très agréable en compagnie de vos nuits.
Pendant près d’un mois, j’ai lu et relu vos haïkus, 73 au total (pour 27 auteurs), pour n’en retenir au final qu’une trentaine. Ma sélection porte essentiellement sur l’émotion qu’ils m’ont procuré et sur leur composition. Il s’agit donc d’un choix très personnel et la liste n’est pas exhaustive.
Très grand MERCI à vous tous !
1 – Les lumières de la nuit
Principalement celle de LA LUNE, cette planète si familière, qui fascine et qui apaise parfois…
pleine lune –
la future maman berce
son ventre
Marie-Alice Maire
Très charmée par ce texte ! Merci Marie-Alice !
Nuit d’automne
un fin croissant de lune
couché dans le ciel
Noëlle Perin
la nuit sous les arbres ~
le doux chemin de lumière
des baisers de lune
Plume dans le vent
Cadeau de la lune
je m’enfonce dans la nuit
le cœur apaisé
Micheline Boland
halo de la lune
tout au fond du jardin
la blancheur du sureau
Françoise Deniaud-Lelièvre
nuit mystérieuse
le blanc nacré des bouleaux
sous la neige
Andrée Dametti

Aquarelle Andrée Dametti
2 – Au bord de la nuit
Cet instant magique où le jour et la nuit se confondent..
Ciel embrasé
Les montagnes bleu nuit
Eteignent l’incendie
Anne
Nimbée de rose
La nuit embrasse le jour
La lune rougit
Laurence Boudineau
J’ai été touchée par la poésie de ce texte. Toutefois, la répétition de l’article « la » me gêne un peu (« lune rouge » ou « lune rougie » aurait été, à mon avis, plus léger et plus agréable à la lecture).
Les rayons du soleil
comme une image sainte
…bientôt la nuit
Christine Lefèvre
3 – Les longues nuits
quatre heures du matin
je compte les heures
qui nous séparent
Fanny Peret
Beaucoup d’émotion et de force dans ce haïku où le « non-dit » laisse libre cours à l’interprétation du lecteur. Bravo et Merci !
Nuit bleue et froide
Je ferme les yeux et toi
Tes mains brûlantes
Clémence Mahogany
Là aussi beaucoup de profondeur. On peut tout imaginer dans ce haïku… Peut-être la longue nuit d’une mère au chevet d’un enfant malade ? Ou bien celle d’une adulte au chevet d’un parent ?… Dans tous les cas l’émotion est bien au rendez-vous !
(Remarque : J’aurais déplacé « et toi » de L2 à L3… mais je suppose que l’auteur tenait à la forme 5/7/5 ?)
4 – Qu’elle soit blanche ou noire, la nuit peut être propice à l’inspiration… ou pas !…
carnet de haïkus
les pages couleur
de mes nuits
Naeja
nuit obscure
la page blanche du poète
se noircit
Nicolas Dondrille
5 – La nuit permanente
lunettes noires
sans soleil ~
je voudrais éclairer sa nuit
Monik A
Très touchée par ce texte qui évoque habilement la « nuit » permanente d’un non-voyant. Un très fort sentiment de compassion ressort de ce haïku qui ne peut laisser indifférent. Bravo !
6 – Sous les étoiles
Nuit des Perséides
dans les estives le berger
compte ses brebis
Isabelle Carvalho-Téles
vagues de nuit claire ~
la laitance des étoiles
sur les draps mouvants
Plume dans le vent
silence nocturne
mes yeux grands ouverts percent
le ciel étoilé
Marie-Jeanne Sakhinis-De-Meis
Nuit lunaire
Deux amies se confient
Un vœu étoilé
Françoise Bortolozzi
7 – Douceur des nuits estivales
douce nuit
s’endormir avec l’odeur
de la prairie
Naeja
concert d’été ~
après le duo de guitares
le solo du hibou
Jeanine Chalmeton
coeur de nuit
le chant du rossignol berce
mes insomnies
Fanny Dondrille
volets entrouverts
les trilles du rossignol
jusque dans la chambre
Françoise Deniaud-Lelièvre

brise nocturne
les feuilles crissent
sous mes pieds nus
Alix Marty (12 ans)
Douceur de la nuit –
les chants des grillons me transportent
dans un champ provençal
Isabelle Jullian
8 – Les bruits amplifiés par la nuit
froide nuit d’hiver ~
seul
un aboiement
Jeanine Chalmeton
Economie de mots pour ce texte qui interroge, notamment par sa composition où le mot « seul » prend tout son sens (ou double-sens… à chacun son interprétation !) Bravo !
le râle du vent
dans les arbres au fond du jardin ~
nuit d’encre
Andrée Dametti
9 – Nuit terrifiante
Quand la terre tremble… que les victimes restent de longues heures à attendre les secours et que les jours et les nuits se confondent, comme ce 6 février 2023 en Turquie et en Syrie. Triste réalité très bien rendue dans ces trois haïkus où l’on ressent la vive émotion de chaque auteur :
Nuit d’effroi
sous les colères de la terre
soudain le néant
Noëlle Perin
Tremblement de terre
sous les tonnes de gravats
la nuit permanente
Isabelle Carvalho-Teles
il sort des ténèbres
dans les bras du sauveteur ~
miraculé
Monik A
10 – Dans l’intimité de la nuit
nuit de février –
le feu dans la cheminée
pour seule lumière
Olivier-Gabriel Humbert
nuit brumeuse –
blottis dans quelques mots
à la fleur d’oranger
Pauline Collange
C’est sur ces doux mots de Pauline que s’achève cette sélection.
Merci à tous de vous être « pris au jeu », haikistes confirmés ou débutants, vos « nuits » ont été éblouissantes !
Encore Merci et Bravo à tous !
MP

Ohara Koson

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